Le Départ des conscrits en 1807, tableau de Louis-Léopold Boilly représentant de jeunes hommes quittant leur famille pour la guerre, sous la porte Saint-Denis à Paris.

Préparer son départ en prépa

Chaque année, les mêmes questions reviennent à l'approche de la rentrée : faut-il déjà réviser ? Faut-il acheter les livres du programme ? Faut-il, au contraire, ne penser à rien et profiter des dernières semaines de liberté ? La réponse tient en une phrase : l'été ne sert pas à anticiper le programme, il sert à se préparer à le recevoir.

La classe préparatoire n'est pas une année de plus après la terminale — c'est un changement de rythme et d'exigence. On ne s'y prépare pas en accumulant des connaissances d'avance, mais en consolidant ce qui doit l'être et en se donnant, avant la rentrée, les habitudes qui permettront de tenir la distance.

Six conseils pratiques, pensés pour un été qui prépare sans épuiser.

Six conseils pour l'été
I.
Se reposer avant de travailler
Le conseil le plus négligé — et le plus important
Bien-être — un mois complet

Reposez-vous vraiment. La prépa demande une endurance intellectuelle et nerveuse que l'on ne peut pas emprunter sur son compte de fatigue. Les premières semaines de septembre seront exigeantes ; elles le seront davantage encore si l'on y arrive déjà las d'un été passé à réviser par anticipation.

Un mois de vraies vacances, sans manuel ni classeur, n'est pas une perte de temps. C'est la condition pour aborder la rentrée avec l'énergie qu'elle réclame.

C'est aussi le bon moment pour reprendre une vraie routine de sommeil, avant que le rythme de la prépa ne l'impose de force. Nous avions détaillé, à l'approche du bac, pourquoi le sommeil est l'un des leviers les plus sous-estimés de la performance intellectuelle : Dormir 2h de plus, du travail en moins. Les mêmes mécanismes valent pour la rentrée : mieux vaut arriver avec des horaires de sommeil stables que les découvrir en catastrophe la première semaine de cours.

II.
Consolider les bases, plutôt qu'anticiper le programme
Mathématiques et physique-chimie
3 à 4 heures par semaine

Il ne sert à rien de commencer le programme de prépa pendant l'été : vous le referez, et mieux, avec vos professeurs. En revanche, il est très utile de reprendre solidement ce qui, en terminale, est resté fragile — automatismes de calcul, raisonnement par récurrence, inégalités, trigonométrie en mathématiques ; unités, ordres de grandeur, lecture d'un énoncé long en physique-chimie.

Pour les élèves visant une prépa scientifique et qui souhaitent aller plus loin, les professeurs des lycées Louis-le-Grand et Henri-IV mettent gratuitement à disposition un riche document de mathématiques pensé pour cette transition : raisonnement, calcul algébrique, inégalités, trigonométrie, limites, dérivation, avec des centaines d'exercices classés par niveau. Les chapitres 1 à 4 et les exercices de niveau 1 et 2 suffisent pour affermir les bases et la suite permet de se perfectionner. À consulter directement sur le site du lycée Louis-le-Grand : EXOS-TERMINALE3-3-AVECDESSIN.pdf.

III.
Retrouver le goût de la lecture longue et de la concentration
Loin des écrans et des sollicitations permanentes
Concentration — en continu

La prépa exige une capacité de concentration soutenue — sur un cours de deux heures, un devoir de quatre heures, un texte de philosophie de vingt pages. C'est une capacité qui s'entretient, et l'été est le moment idéal pour la retravailler.

Notre liste de lecture estivale, publiée le 3 juillet, a précisément été pensée pour cela : des œuvres exigeantes mais accessibles, qui referont travailler l'attention sans la brutaliser.

IV.
Régler son organisation pratique
Pour ne pas être dérangé en cours d'année
Logement, permis, assurance, budget, transport

La prépa laisse peu de place, une fois l'année commencée, pour régler des questions matérielles. C'est donc avant la rentrée qu'il faut sécuriser ce qui pourrait, sinon, venir perturber le travail en cours d'année : le logement (internat, résidence, colocation — les dossiers se déposent souvent dès le mois de juin), le permis de conduire s'il facilite les trajets entre le domicile familial et l'établissement, l'assurance (responsabilité civile, logement, éventuellement santé), le budget mensuel réel (bourse, frais de scolarité ou d'internat, transport, vie quotidienne) et les abonnements de transport à souscrire à l'avance.

Ce ne sont pas des détails secondaires : un problème de logement ou de budget non anticipé en octobre coûte bien plus de temps et d'énergie qu'un après-midi passé en juillet à remplir des dossiers.

V.
Préparer le matériel, sans excès
Une liste simple, pas plus
Pratique

L'essentiel, c'est un bon ordinateur portable — un MacBook Air convient parfaitement : fiable, léger, autonomie suffisante pour une journée de cours sans avoir à le recharger, et une durée de vie qui dépasse largement les trois années de prépa. À cela s'ajoutent une calculatrice conforme au programme (souvent précisée par l'établissement), des classeurs solides, un agenda et de quoi écrire proprement.

Si l'établissement a communiqué une liste de fournitures, mieux vaut s'y tenir strictement plutôt que d'anticiper des besoins imaginés : les professeurs de prépa précisent en général, dès les premiers jours, ce qui est réellement utile.

VI.
Un mot sur le mental
Un travail sur soi-même, dans la durée
État d'esprit

La prépa a la réputation d'être une épreuve. Elle l'est, mais pas de la façon dont on l'imagine généralement : ce n'est pas une compétition contre les autres, c'est un travail sur soi-même, dans la durée. Les élèves qui s'en sortent le mieux ne sont pas nécessairement les plus brillants en terminale, mais ceux qui ont accepté, dès le départ, de travailler avec régularité plutôt que par à-coups.

Il n'y a rien à prouver avant la rentrée. Il y a simplement à arriver reposé, curieux, et disponible pour apprendre.

L'été qui prépare le mieux à la prépa n'est donc pas celui qui ressemble le plus à l'année qui vient, mais celui qui permet, le jour de la rentrée, d'y arriver dispos et l'esprit clair.

Illustration : Louis-Léopold Boilly, Le Départ des conscrits en 1807, 1808. Huile sur toile, 84,5 × 138 cm. Musée Carnavalet, Paris.

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